Les jours sans nuages

Samedi couleur jaune blé. Ma maison de petite fille qui reprend vie. Les amis de ma sœur qui arrivent et l'étonnement, leur émerveillement face à cette grande bâtisse de campagne. L'odeur de crème solaire, senteur de l'été. Ma peau de lait. Les parties de Uno à l'ombre de la glycine. Les rires qui s'envolent plus haut que l'immensité. Le barbecue dont je ne profite pas, le premier vrai repas d'été. Les cerises ramassées et les doigts colorés. La sieste sous le parasol pour tenter de vaincre la fatigue. L'attente les résultats de Rolland-Garros. L'eau qui m'attire, d'une manière si intense et si inexplicable, l'eau qui m'attire et le froid qui me paralyse pourtant lorsque j'y trempe les pieds. L'eau glacée qui monte jusqu'à mes mollets, pas plus haut, pas plus haut. 

 

Dimanche couleur bleu ciel. Ecrire des cartes postales à l'ombre du beau temps et glisser quelques pâquerettes dans l'une des enveloppes. Grimper au cerisier, ces branches que je connais par cœur après les avoir parcourues tant de fois. Des branches un peu plus fragiles qu'auparavant, elles ont vieilli en même temps que j'ai grandi. La chaleur, étouffante. La lecture au bord de la piscine et le repos dans le hamac. Le bien-être lorsque je rentre dans l'eau, le froid qui me traverse, un mal pour un bien, un bien immense, je rentre dans l'eau transparente en maillot de bain et vêtue d'un vieux T-shirt à mon papa, par pudeur, par honte. Et la musique à tue-tête sur le chemin du retour, le sourire au lèvres, les paroles sur le bout de la langue. 

 

Ah, les jours sans nuages. Bric-à-brac de mots envolés, de senteurs et de sourires. Fragments de vie que l'on tente de garder en mémoire pour les jours à venir, inanimés et gris. Se dire que demain n'existe pas, faire taire la mélancolie et se nourrir des rires des autres, de leur bonheur, de leur légèreté. Et croire, s'obliger à croire que cela suffit.

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