Raphaël, et puis. et pluie.

Je me souviens surtout des jours de pluie. La grisaille du dehors qui pénètre au-dedans et déteins sur chaque organe, surtout le coeur, surtout dans l'âme. Les soirées comme celle-ci à écouter Raphaël et à pleurer, l'envie de mourir qui tiraille dans le ventre, le désespoir que je n'arrive pas à saisir pourtant, ce sentiment d'abandon, toutes ces pensées tournées vers le passé et vers ceux que j'ai perdu et ces pensées qui me font si mal, si mal. Raphaël chante "Je ne me battrai plus.." et moi j'ai envie de hurler, non, je ne veux plus me battre. Cet homme croisé dans un bar l'autre soir, Sacha, Thomas, appelez-le comme vous voulez, il s'était engagé dans l'armée, j'avais déjà trop bu et je ne sais plus vraiment ce que je lui ai dit, dans le noir je cherchais la main de Victor, je l'appelais dans tous les coins, partout, je ne cherchais que lui. Des semaines durant j'ai attendu d'enfin réussir à écrire à nouveau, je n'espérais que cela, la nuit, la journée, le soir, j'attendais le soleil et redoutais la nuit noire, comme ce soir, comme toujours. J'attendais. Je me sens si seule ce soir, et dans le fond je le sais c'est vrai, je n'ai personne, je n'ai personne. Comment ai-je fait pour en arriver là ? Le blues du dimanche, tu n'as pas le blues que le dimanche me dirait-il et il aurait raison, le blues de toute ma vie, mon coeur a la nausée. Je suis nostalgique de cette année là-bas, je sais que je ne devrais pas, pardon, mais au moins on s'occupait de moi, au moins je n'étais pas seule. Et même si ce n'était pas la vie, c'était mieux que rien. Parce qu'aujourd'hui je me noie dans ma solitude, et Victor est parti en vacances et je m'en rends bien compte, que je n'ai personne. Le goût amer et détéstable de l'absence.
Alors quoi, ça ressemble à ça, une vie ?

 

"On n'a pas choisi de naître. Le seul choix qui nous appartient en propre, c'est de renaître, après un drame, au lieu de se laisser couler. (...) Les habitants du pays de la deuxième chance ont un drôle de regard. Leurs yeux ressemblent à ceux des marins revenus d'une tempête. Ils s'étonnent et sourient." Orsenna

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