Entre nous.

Écrire. Ne plus y penser. Cracher des mots sur le papier plutôt que de me détruire. Écrire.  Tenter de faire taire cette tension au-dedans, ce bouillonnement intérieur. L'orage. Écrire.  Essayer de colmater avec des mots le vide immense qui se fait sentir au niveau du ventre. Maintenant que je suis seule. À nouveau. Inévitablement. Garder la tête froide. Ne pas crier. Maintenant que les autres ne sont plus là pour faire barrage entre cette chose du dedans qui hurle pour sortir et le passage à l'acte. Cette tension qui, depuis ce matin, enfle enfle enfle pour désormais prendre toute la place et étouffer les autres choses qui m'habitent. Ce qu'il en reste. L’extérieur n'existe plus. Ne demeure que cette obsession. La faire taire. Détendre ma mâchoire. Desserrer les poings. Inspirer, expirer. Me concentrer sur mon souffle. Écrire. Vider mes poumons jusqu'a plus d'air. Ne pas craindre l’asphyxie. Tant pis pour le cœur qui panique. Tant pis pour l'orage qui gronde. Écrire. Accepter l'inconfort émotionnel.  Tenir bon. Attendre que ça passe. Quatre jours que je tiens. Tenir encore. Penser à Mme M. à Allison. à Mr A. Penser à l'océan. Imaginer le va et vient des vagues, le roulis. L'entendre. Contenir le débordement. Ecrire. Fermer les yeux. Attendre que le pire passe. 

La tristesse du dimanche soir. La peur du retour à l'école. De ne pas trouver les mots face aux autres, d'aller les chercher de force, de me faire violence pour dire. La peur de taire. Que tout se retourne contre moi. Une fois encore. L'angoisse de déborder. Ecrire. Attendre. Il va arriver et me serrer. Ce soir, je ne me détruira pas parce qu'il sera là. Tenir jusque là. Mon cœur bat moins fort. Moins vite. La nuit qui approche. Je suis grande, maintenant. Mais le noir reste. La peur aussi. Elle ne me quitte jamais. Jamais.

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