Cut the rope and let me down

Il y a cette phrase, que tous les parents répètent à leurs enfants lorsqu'ils sont arrivés à l'âge des responsabilités : Lorsque tu traverses la route, regarde à droite et à gauche. Sois prudent. Depuis quelques jours, je ne regarde plus. Ni à droite ni à gauche. Seulement mes pieds. Le bitume. Et je m'en remets au destin. Que la mort me prenne ou qu'elle me rende à la vie, mais il faut qu'il se passe quelque chose. Je suis sur un fil depuis si longtemps et j'arrive au bout, et dans cette impasse il va falloir que je tombe de l'un des deux côtés. Il ne peut pas en être autrement. Je ne veux plus de cette vie de là. Je ne suis plus assez forte pour continuer. Pardon, pardon, pardon. Pardon.

 

Ce soir, j'enfonce ma tête dans un oreiller pour hurler. De rage. De désespoir. De douleur. Et de tant d'autres choses que je ne sais pas nommer. Je mords le tissu jusqu'à en avoir mal aux dents. Et je me surprends à prier un Dieu auquel je ne crois pas. Je pleure une nouvelle mer. Il y a si longtemps que tous ces cachets que je prends empêche la douleur de sortir et l'oblige à me grignoter de l’intérieur. J'y laisse ma peau. 

Mais ce soir, je pleure. Enfin. De gros sanglots que je ne peux réprimer et qui me brûlent la gorge.

J'y laisse ma peau. 

 

Pour ce qu'il en reste.

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