Du vent

 

Elle vient tout juste de partir. Et le silence. Et le gris du ciel. Et la pluie. Et l'odeur du rien. M'apparaissent soudain comme une nostalgie floue et impénétrable qui me submerge. 

J'appelle et personne ne me répond. Je suis condamnée à cette solitude qui m'est insupportable.

Je voudrais entendre la voix de Mme M., je pense à elle alors, je voudrais l'entendre et lui dire Je vais rentrer, je ne sais plus ce que je fais ici, je vais rentrer. Et douter de ces mots alors même que je les prononcerais - rentrer?- suis-je vraiment là-bas chez moi ? Ne plus savoir. Je suis venue ici pour construire ma vie et je semble y avoir tout perdu, ce que j'avais de solide, mon amour qui s'étiole, ma petit boule de poils qui s'est enfuie -elle qui a vécu ces six dernières années à mes côtés- elle qui faudra que j'accepte de laisser quelque part par là en quittant ce lieu. Quelque part dehors. Je pleure, et j'ai froid et peur pour elle. Je suis venue ici comme j'aurais pu aller ailleurs, il fallait que je parte, que je m'éloigne, il fallait que je me prouve que je pouvais vivre par moi-même. Exister. Et je réalise combien cette vie à deux m'a rendue dépendante, et forte aussi je crois, mais je ne sais plus vivre seule. Je ne sais plus, dis-je, même si je crois que je n'ai jamais vraiment su. Car jamais je n'ai grandi. Jamais je n'ai su marcher seule. Jamais.

Ce soir, le soleil se couche et je voudrais disparaître avec lui.

 

Ma toute petite B., tu me manques tellement, tellement...

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