Chroniques de gares (jour deux)

04/10/2016, 14 :18, gare de Genève, hall de la gare
Elle doit avoir trois ans, peut-être un peu plus peut-être un peu moins, il est toujours difficile d’estimer l’âge d’un enfant tant chacun grandit à sa manière. D’abord je ne vois pas son visage car elle est allongée dans une poussette bleue. Ce que je vois d’elle : un pantalon fleuri bleu marine et des baskets roses. Et puis soudain, elle se lève. En haut, elle porte un T-shirt à manche longue et à col roulé rose fuchsia. Elle voit un oisillon et le montre du doigt en interpellant sa maman. A cet instant précis, un sourire infini lui mange le visage. Elle regarde le monde avec ses yeux immenses. Et puis, elle me fixe. Je crois qu’elle devine que mes mots sont sur elle, pour elle (même si, sans doute, ne les lira-t-elle jamais. à moins que ?). Elle cache son visage derrière le tissu de la poussette, puis le découvre pour me regarder (le fameux jeu du coucou-caché que je connais si bien). Je lui souris. Sa peau est mate, la demoiselle semble maghrébine, je ne sais pas exactement d’où elle vient mais je la trouve belle. Ses cheveux sont bruns et quelques boucles s’échappent de sa couette. L’élastique dans ses cheveux est orange. Lorsqu’un homme qui semble être son père arrive, sa mère la réinstalle dans la poussette et la famille part précipitamment. La fillette se penche pour m’offrir un dernier regard. J’ai manqué de temps. Je la suis dans cette gare que je ne connais pas. Elle va aux toilettes avec sa maman. Je photographie sa poussette, puis je pars. Je ne la revois plus. Je n’ai entendu le son sa voix qu’une fois, pour un seul mot (lorsqu’elle a interpellé sa mère en voyant le moineau), et déjà je l’ai oublié. Le temps qui passe dévore les souvenirs. 

 

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