de mois en moi, Octobre en noir et blanc

En Octobre, chronologiquement,
les quelques jours chez eux, les jeux de société, le rêve doux et agréable, les premières feuilles sur les trottoirs, les jours qui raccourcissent à vue d’œil, le goût régressif du torrino blond qui me ramène en enfance, les matins où mettre un orteil dehors nous glace et où la couette remontée jusqu’au cou on se dit  il n’y a plus de doute, l’automne est bien là, la soirée crêpes, les heures de train en contemplant les reflets de soleil sur le lac Léman, les mots d'Hervé Guibert, les cadeaux d’anniversaire après l’heure, les pieds et les mains glacés, les nuits sans sommeil les yeux rivés au plafond et les souvenirs qui dévorent, les douches brûlantes, le chocolat chaud et le gâteau au sirop d’érable en guise de dîner, les tartelettes aux pommes en forme de boutons de roses, ma maman, le goût des vitamines C, Emmaüs, les quelques phrases échangés avec lui et l’envie si grande de le prendre dans mes bras alors qu’il est si loin, mes cahiers d’écolière, les pieds au bord du gouffre, Le ciel attendra, les lectures concernant C.B., l’usure, un seul cachet blanc au creux de la main le matin, l’abîme, les questions sans réponse et ce silence qui perfore le cœur, puis ses mots et le sol qui se dérobe sous mes pieds, les jours de rien –comme si le monde tout autour n’était plus là ou plutôt comme si je m’étais soustraite au monde-, la nuit noire, les insomnies, l’appartement au parquet anciens et aux grandes fenêtres, la pharyngite et la cortisone, le gâteau magique, la promenade jusqu’à bâtiment rose que je m’étais promis de retourner voir, l’au revoir à L. et ses jolies attentions pour mon départ, le petit salon de thé que mon ami L. me fait découvrir, les derniers baisers à la douce Isis, l’emménagement et les cartons qui portent avec eux l’odeur de la cave, les lessives, l’épuisement qui cloue au sol, ma peur panique des souris que je sais là tapies quelque part, ses mots que je ne réalise pas encore et cette fragilité qui m’entoure – sans doute jusqu’à la brisure-…

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