de mois en moi, Novembre bleu nuit

En Novembre,
mon premier mois dans ce grand appartement, les mots de B. sur la vie et l’amour un soir tard sur un trottoir et cette phrase qui s’inscrit en moi : « la vie est une lutte », Réparer les vivants, le ciel et la ville lavés par la pluie, le sentiment de n’être pas suffisante, B. sur scène, défaire les cartons et découvrir toutes ces choses qui me font penser à toi, le grand ménage, les podcasts Remède à la mélancolie sur France inter, le bain brûlant en écoutant Yann Tiersen, relire Le Petit Prince un jour de pluie avec une tasse de thé au jasmin, la fabrication du calendrier de l’avent, le désespoir qui s’empare de moi, les nuits sans fin, mes chaussettes renards pour éloigner le mien, Colonia, l’odeur du shampoing pour bébé dans mes cheveux, penser à trois moments de gratitude de ma journée pour m’endormir, la préparation des premiers cadeaux de Noël, la voix enveloppante de Mme M., la vidéo de Solange sur le cœur qui se brise et se recolle avec le temps et les larmes, la découverte de R. Gary, l’odeur des livres dans la grande librairie, chantonner Ne me quitte pas partout où je vais, ce tout petit livre qui me bouleverse rien que part son titre : Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, les cocktails, le dégoût, les mails qui s’envolent de l’autre côté de l’océan indien, l’après-midi à chasser les démons en écoutant Tracy Chapman, Mal de pierres et la superbe interprétation de Marion Cotillard, le cours de théâtre sur la mémoire, le vol au-dessus de la France et le magnifique lever de soleil vu d’en haut, la surprise du calendrier de l’avent confectionné avec amour par ma grande sœur, V. qui me parle et  l’espoir et les doutes qui reviennent et prennent toute la place, les premiers téléfilms de Noël, les chansons de Leïla Huissoud, l’hiver qui s’installe avec trois petites semaines d’avance, le reportage rendez-vous en terre inconnue qui me redonne confiance en l'être humain, le coucher de soleil sur les montagnes enneigées, retourner dans ce lieu qui a été mon chez-moi, et puis partir, ou rentrer, je ne sais pas. 

Écrire commentaire

Commentaires : 0