à la couleur de

 

l’Océan. Le grand bleu. Bleu. Bleu comme ses yeux les jours de pluie, comme mes cahiers d’écolière, comme le soldat rose après avoir été enfermé dans une machine à laver avec des blue jeans. Bleu comme le ciel, immense infini éblouissant, bleu comme mes baskets qui me font des pieds tout petits petits. Bleu nuit comme celle qui règne en maître, bleu azur comme espoir pour les vacanciers et bleu cyan lorsque je repense à la petite fille qui se prénommait Cyane. Bleu, longtemps la préférée de ma sœur lorsqu’elle était encore une enfant, bleu, bleu, bleu, bleu comme la couverture de ma chambre là-bas, d’un côté bleu polaire et de l’autre jaune aux motifs floraux des années 70. Bleu comme la piscine, l’eau translucide de mes étés de petite fille, bleu comme la peau des schtroumpfs et bleu partout sur le corps des enfants qui s’enduisent de peinture pailletée. Bleu comme mes lèvres lorsque qu’il fait froid, et comme ses doigts aussi dans lesquels le sang ne circule pas. Bleu l’océan et bleue la mer, bleu le ciel, bleu l’Océan-mer et bleue la Terre qui nous abrite. Bleu-vert l’écume des jours, bleu-gris les papillons tout autour de la maison, bleue la lavande qui sent si bon dans le jardin. Bleue la peur immense logée au creux du ventre, bleue l’encre utilisée sur mes feuilles à carreaux et rangées soigneusement, jour après jours, dans des classeurs de couleurs. Bleu indigo, la septième couleur de l’arc-en-ciel. Bleu couleur primaire. Bleu couleur fuyante, dit-on. Bleu comme les marques sur mon corps et celles sur mon cœur, les bleus au cœur, exactement, les bleus à l'âme qu'on ne voit pas. Bleus aussi les mots d’amour que l’on se chuchote dans le noir comme une promesse de lendemain.
Bleue comme la mésange qui s'envole et que l'on ne reverra plus.

Bleu rayé de blanc, comme mes marinières et les draps qui nous recouvraient l’un et l’autre, serrés, protégés.

 

Bleue la lumière qui inonde ma chambre à l’aube, bleue la vie recouverte par le temps qui passe.
Le bleu qui se décline infiniment, encore et encore, comme la vie qui n'en finit jamais.

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